dimanche 26 juin 2016

POESIA E LINGUAGEM: POEMAS, MUSICAS, COREOGRAFIAS ...

POESIE ET LANGAGE: POEMES, MUSIQUES, CHOREGRAPHIES...

Ainsi que je l'ai dit en remettant ma thèse de Doctorat intitulée LANGAGE ET AUTOFORMATION - Une histoire de vie en pays gallo à la Granjagoul, Maison du Patrimoine de Haute-Bretagne, cette thèse est le résultat, à la fois de mes recherches en Sciences du Langage, de mon travail de Conseiller Pédagogique en Langue gallèse à l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Bretagne et de mes recherches en sociolinguistique aussi bien en Bretagne (Université de Rennes2) que dans diverses Universités brésiliennes.
Les photos montrent notamment les remerciements de l'ancien Maire de Parcé (Fougères-Communauté) et du Président de la Maison du Patrimoine de Haute-Bretagne, Granjagoul, lors de la donation de la thèse.

 As fotos mostram, nomeadamente, os agradecimentos, para a minha tese de Doutor Linguagem e auto-Formação-UMA HISTORIA DE VIDA EM PAIS GALLO por ex-Prefeito de Parcé (Fougères-Comunidade) e do Presidente da Casa do Patrimônio de Alta-Bretanha, Granjagoul em Parcé. Essa Tese é o resultado das minhas pesquisas em Ciência da Linguagem (Mestrado com Pr. Henriette Walter), do meu trabalho de Conselheiro em Pedagogia da Linguagem no Instituto Universitario de Formação dos Mestres da Bretanha (IUFM) e das minhas pesquisas em sociolinguistica na Bretanha e no Brasil.
Quando foi publicada minha Tese (Harmattan, 1995), o Professor Ph. Blanchet escrevou na revista Linguagem e Sociedade (1995, n°73, p.85) " Essa obra importante é a fruta duma tese de sociolingüistica Linguagem e Autoformação (defesa na Universidade de Tours, Dir. Pr Nicole Gueunier, 1991)  ... o objeto desta pesquisa é de cruzar, a sociolinguistica do discurso, nomeadamente na perspectiva interactiva e interpretativa de J. Gumperz, com a "autoformação" em Ciências da Educação (produção dum discurso interactivo/reflexivo na Historia de vida, cf.Pr Gaston Pineau)..." e o Professor Blanchet de concluir seu artigo (1995, p.89): "Qual é a melhora validação desta hipotese que a apropriação conciente da sua lingua e da sua cultura em dinâmica de interação com o outro ?"

En donnant cette thèse, j'ai dit qu'elle était le résultat de mes recherches en Sciences du Langage (Master avec la Pr Henriette Walter), de mon travail de Conseiller Pédagogique de gallo, à l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Bretagne (IUFM), et de mes recherches en socio-linguistique en Bretagne et au Brésil. Quand elle fut publiée (Harmattan, 1995), le Professeur des Universités Philippe Blanchet a écrit dans la revue Langage et Société (1995,n°73,p.85): "Cet ouvrage important est le fruit d'une thèse de sociolinguistique intitulée Langage et Autoformation soutenue par Ch. Leray à l'Université de Tours en 1991 (Direction Pr.Nicole Gueunier)...L'objet de cette recherche est de croiser d'une part l'approche sociolinguistique du discours, notamment dans la perspective interactionnelle et interprétative de J. Gumperz, et d'autre part l'approche de "l'autoformation" en Sciences de l'Education (production d'un discours interactif/réflexif en Histoire de vie, cf. Pr G. Pineau)... et le Professeur Blanchet de conclure son article (1995, p.89): Quelle meilleure validation à leur hypothèse que l'appropriation consciente de sa langue et de sa culture, en dynamique d'interaction avec l'Autre ?"
Le Professeur J. Dumazedier de Paris-Sorbonne a lui aussi réalisé un compte-rendu sur le livre Dynamique interculturelle & Autoformation  dans la Revue Française de Pédagogie, lors de sa sortie en 1995 et il a exprimé son accord avec le Pr.Philippe Blanchet sur le fait que cette méthode des histoires de vie, à la différence des questionnaires systématiques, permet de bien saisir les alternances de langues de la personne qui parle. C'est pourquoi, je pense qu'il est utile de mettre cette thèse complète avec son lexique en phonétique internationale, à disposition de chercheurs dans une Maison du Patrimoine, ainsi qu'elle l'est déjà dans les Universités de Rennes et de Tours.


LANGAGE POETIQUE, CHOREGRAPHIQUE...

Mes poésies en différentes langues témoignent de cette appropriation de ma langue et de ma culture bretonne. De nombreuses personnes présentes à La Granjagoul m'ont dit, à la fin de mon récital de poésies, combien elles avaient perçu mon bonheur d'exprimer mes poèmes en différentes langues. Je leur ai répondu qu'il m'avait fallu le "détour" par le Brésil et la découverte de mots, de diphtongues similaires au portugais du Brésil, pour que j'ose écrire des poèmes en gallo, alors que j'en écrivais depuis longtemps en français.
Ayant récemment vu la chorégraphie "TERRES MIENNES" de la Compagnie OCHOSSI du Brésilien-Breton Pedro Rosa, j'ai particulièrement apprécié le tableau final avec notamment les musiques de Dan Ar Braz, Ar Re Yaouank,  le texte de Gilles Servat interprété dans différentes langues : on peut vraiment parler de Langage à la fois chorégraphique (merveilleuse interprétation chorégraphique de la danseuse Myriam avec le danseur Pedro) et poétique car ils ont en commun une culture métissée, nourrie de leurs origines entre Brésil, Cap-Vert et Portugal, de leur nationalité française et de leurs attaches à la Bretagne et à sa culture (magnifique symbolique aussi de leur danse autour des cartes de la France et du Brésil réalisées par eux-mêmes avec de la terre, accompagnés par le son d'un berimbau, cet instrument brésilien en forme d'arc et ayant une calebasse comme caisse de résonance). Comment mieux parler de la Bretagne, cette terre d'accueil qui a su préserver sa culture, tout en créant des passerelles interculturelles avec d'autres terres lointaines ! *

* Je viens d'ajouter cette partie pour dire combien j'ai apprécié cette création chorégraphique de Pedro Rosa car les dynamiques interculturelles favorisent la créativité poétique et artistique ainsi que le montrent bien "TERRES MIENNES" des chorégraphes Myriam et Pedro. Quelle belle idée aussi cette participation interculturelle d'une vingtaine de danseurs amateurs au cours de différents tableaux !

REFERENCES :

Blanchet Philippe, Compte-Rendu à propos du livre Dynamique interculturelle & Autoformation, Une histoire de vie en pays gallo de Christian Leray, Ernestine Lorand, Harmattan, 1995,  Langage & Société n°73, septembre 1995, p. 85-89.

Actes de la Table ronde Oralité et dynamiques territoriales - La culture gallèse un atout pour la Haute-Bretagne, Fougères, 2007.

Leray Christian, Article "Gallo", Dictionnaire du patrimoine breton, org. Alain Croix et Jean-Yves Veillard, Ed. Apogée, 2000, p. 429-430

Leray Christian, Article "Gallo", Dictionnaire du patrimoine rennais, org. Alain Croix et Jean-Yves Veillard, Ed. Apogée, 2004, p. 206

Leray Christian, Lorand Ernestine, Dynamique interculturelle & Autoformation, Une histoire de vie en pays gallo, Paris, L'Harmattan, 1995

Leray Christian, "A lingua como vetor identitario" in livro Identidade e Discurso, org. Maria-José Coracini, Campinas, Universidade UNICAMP, 2003, p.119-136

Leray Christian, HISTORIA DE VIDA INTERCULTURAL em Formação de Professores, Revista da Universidade do Estado de Bahia, Educação e Contemporaneidade, 2008, p. 43-50

Leray Christian, Hamey-Warou Fatimata, L'Arbre à palabres & à récits, De l'Afrique au Brésil en passant par la Bretagne, Paris, L'Harmattan, 2014

Leray Christian & Lani-Bayle Martine, Faire de sa vie une création, Revue Cultures en mouvements, N18, juillet 1999, p.24-48

Leray Christian, Amor do Mar/Amour de la Mer, Louvain la Neuve, Ed.Academia & Paris, Encres de Vie - Harmattan, 2015.

www.cie-ochossi.com

Caozrie Christian Leray e Matlao Ghitton : Radios Breizh e Pieum FM "Poesias em 3 linguas"
http://www.radiobreizh.bzh/bzh/emission.php?emid=179




lundi 22 février 2016

Poetas Christian Leray e Andrea Campos na Midiateca da Aliança Francesa de Recife

Lecture de poèmes en français et portugais par les poètes Christian Leray et Andrea Campos Médiathèque de l'Alliance française de Recife (Extrait Carnet de Voyage au Brésil 2015-2016)

              dédicace du livre bilingue de Christian Leray ( Amor do Mar/Amour de la Mer, Academia
              -Encres de Vie-Harmattan, 2015) avec la poétesse Andrea Campos (photo Leray, Recife)

Ouça, ouça                                        /Ecoute, écoute
a voz da concha na praia,                   /la voix du coquillage sur la plage,
a minha saudade é dentro.                  /ma saudade est à l'intérieur.
(poème-haicai extrait du livre de C. Leray, Amor do Mar/Amour de la Mer, 2015, p.72)

A la Médiathèque de l'Alliance française de Recife, Andrea a lu plus particulièrement ses poèmes en français dont ceux-ci que le public a beaucoup apprécié :
Si vous me voyez

Si vous me voyez                            /Vos yeux m'allument
je suis la feuille vive                         /Si vous me voyez
qui tombe sur le tapis                      /c'est dans moi que brûle
de feu d'automne...                         /l'inconscient du monde.
vers extraits du blog de Andrea Campos: Amanhe(seres)

Mon jardin secret

Mon jardin secret est la douleur       /Mon jardin secret est une planète
qui se tait,                                        /à l'allure de comète,
l'absurde sans regret,                        /l'ambiance de fête,
c'est la magie du cœur.                      /l'espoir où je le mets...
vers extraits de son magnifique blog que je vous invite à voir Amanhe(seres)

Je terminerais par ces extraits de son beau poème 
Namorar                                         Faire l'Amour

...é ir pra chuva sem se molhar        / c'est marcher sous la pluie sans se mouiller
é ajoelhar e não rezar                      / c'est s'agenouiller et non prier
namorar é uma unica oração            / faire l'amour: l'unique prière est
o verbo amar                                   / le verbe aimer

Amar, amar, amar...                         / Aimer, aimer, aimer...

lire la suite sur son blog : www.amanheseres.blogspot.com

Bibliographie poétique résumée:

Andrea Campos :

Passaro Mulher no voo da Paixão (Inojosa, 1992)
Olhos sobre Tela (CEPE, 1999)
Poemas de Mar e de Amar (Bagaço, 2007)
Cantos de Amor agreste (ed. Tarciso Pereira, 2015)

Christian Leray :

Le monde en antamas (Le Lian, 1987)
Préface poétique "Veilleurs de Vie" (De Gisors M-O, Harmattan, 2009)
Anthologie de poèmes-haicais (revista poetica A l'index, org.J-CTardif, 2013)
L'Arbre à palabres & à récits (Leray-Warou, Harmattan, 2014)
Amor do Mar/Amour de la Mer (Academia-Encres de Vie-Harmattan, 2015)

blogs :
www.christianleray.over-blog.com
blogspot : Christian Leray BrasilBreizh







                                       






lundi 29 juin 2015

Christian Leray BrasilBreizh: No Centro Municipal Laurinda Santos Lobo em Santa ...

Christian Leray BrasilBreizh: No Centro Municipal Laurinda Santos Lobo em Santa ...: No Centro Cultural Municipal Laurinda Santos Lobo em Santa Teresa - Rio de Janeiro                                        foto do Centr...

No Centro Municipal Laurinda Santos Lobo em Santa Teresa - Rio de Janeiro

No Centro Cultural Municipal Laurinda Santos Lobo em Santa Teresa - Rio de Janeiro


                                       foto do Centro Cultural Laurinda Santos Lobo por Christian Leray

Gostei muito de descobrir o Centro Cultural Laurinda Santos Lobo em Santa Teresa com suas três salas de exposições, uma sala de vídeo, um auditório e acervo fotográfica referente a Laurinda Santos Lobo.

Au Centre Culturel Municipal Laurinda Santos Lobo dans le quartier de Santa Teresa à Rio,
j´ai beaucoup aimé découvrir les trois salles d´expositions, une salle de vidéo, un auditorium avec un fonds photographique concernant Laurinda Santos Lobo.

Laurinda Santos Lobo foi uma mulher especial; por exemplo, ela foi uma figura importante na luta pelo direito ao voto feminino, chegando a presidir o Conselho da Federação Brasileira para o Progresso feminino, no final de 1927.

Laurinda Santos Lobo fut une femme extraordinaire; par exemple, elle fut une figure importante dans la lutte pour le droit au vote des femmes et a été présidente du Conseil de la Fédération Brésilienne pour le Progrès féminin, à la fin de 1927.

Ela foi também a principal mecenas do bairro Santa Teresa.  Chamado afetivamente de "O Laurinda", o Centro Cultural foi inaugurado em 1979 nessa admirável casa do bairro onde pontificavam expoentes da vida cultural internacional como Villa-Lobos, Isadora Duncan e Anatole France...

Elle fut aussi la principale mécène du quartier de Santa Teresa. Le Centre Culturel, appelé affectivement le "Laurinda", fut inauguré en 1979 dans cette admirable maison du quartier où se produisirent des célébrités de la vie culturelle internationale tels que Villa-Lobos, Isadora Duncan et Anatole France...

                    andar de bondinho no Jardim do Centro Cultural com Christian Leray

O Centro Cultural Municipal Laurinda Santos Lobo segue a tradição de incentivar a cultura implementada pelos artistas do bairro carioca Santa Teresa. O espaço é um importante lugar para os grupos artísticos locais. A diversidade e valorização da cultura brasileira estão no foco da programação do Laurinda, onde acontecem diversas atividades para adultos e crianças. Por exemplo, o espaço oferece exposições, peças teatrais, música clássica e popular, atividades literárias e dança, além das mais variadas oficinas como capoeira, teatro, yoga e artesanato...




Le Centre Culturel Municipal Laurinda Santos Lobo suit la tradition d´encourager la culture des artistes du quartier carioca de Santa Teresa. Cet Espace culturel est un endroit important pour les groupes artistiques locaux. La diversité et la valorisation de la culture brésilienne sont la base de la programmation de Laurinda où se déroulent diverses activités pour les adultes et les enfants. Par exemple, l´espace offre des expositions, des pièces théâtrales, de la musique classique et populaire, des activités littéraires et de danse ainsi que des Ateliers variés comme ceux de Capoeira, théâtre, yoga et artisanat.

Article en portugais et français de Christian LERAY BrasilBreizh

https://pt-br.facebook.com/BrasilBreizh

Artigo em português e francês por Christian LERAY escritor e poeta BrasilBreizh


vendredi 17 avril 2015

JOURNAL DE VOYAGES "AMOUR DE LA MER" DIÁRIO DE VIAGENS NO BRASIL Christian Leray

               AMOR DO MAR - AMOUR DE LA MER

                                             livro de poemas-haicais em português e francês

UMA PASSARELA ENTRE A LÍNGUA DE MINHA INFÂNCIA NA BRETANHA E A LÍNGUA PORTUGUESA DO MEU PAÍS DE CORAÇÃO

Somos iniciados na linguagem por uma comunidade linguística pré-existente. Assim sendo, aprendemos a falar não apenas pelas palavras que nossos pais nos ensinam, introduzindo-nos em uma comunidade linguística cujo discurso oral recria continuamente o discurso social e corresponde ao funcionamento sócio-histórico da linguagem numa comunidade.

Importância da viagem

Voltando para o Brasil, enquanto as palavras entoavam em português que tive pela primeira vez a ousada de escrever em língua gaúlesa. Encontrei-a tão melodiosa aos meus ouvidos e com ditongos que correspondiam aos ditongos portugueses (por exemplo, na fonética, o ditongo [aw], é empregado nas duas línguas).

UNE PASSERELLE ENTRE LA LANGUE DE MON ENFANCE EN BRETAGNE ET LA LANGUE PORTUGAISE DE MON PAYS DE COEUR

Nous sommes initiés au langage par une communauté linguistique pré-existante qui nous apprend à parler non seulement avec les mots que nos parents nous donnent, mais aussi parce qu´ils nous parlent et nous confèrent ainsi le statut d´interlocuteur, nous introduisant dans une communauté linguistique dont le discours oral recrée continuellement la langue. La langue est modelée par le discours social et correspond au fonctionnement socio-historique d´une communauté. (cf. Préambule Amor do Mar/Amour de la Mer, 2015, p.23)

Importance du voyage

C´est en rentrant du Brésil tout imprégné de ces mots portugais que j´ai osé pour la première fois écrire en langue gallèse*. Elle semblait si mélodieuse à mes oreilles avec ses diphtongues qui correspondaient aux diphtogues portugaises (par exemple, en phonétique, la diphtongue [aw]
 est employée dans les deux langues)

http://www.youtube.com/watch?v=UnaA0NOdaTk

Saudade
 
Mais ces aller-retours entre ces deux pays ont été parfois ponctués de nostalgie ou plutôt de saudade, ce sentiment indéfinissable du "manque"´d´une présence aimée qu´exprime notamment l´un de mes poèmes-haicais évoquant cette "saudade"

Mas essas indas e vindas entre dois países estiveram às vezes marcado de nostalgia ou melhor de "saudade", este sentimento indefinível da falta de uma presença amiga. Sentimento que exprime notadamente um de meus poemas-haicais evocando essa saudade.

Tenho saudade de você
das ondas que acariciam seu corpo
com a vibração do Mar...

J´ai la saudade de toi,
des vagues qui te caressent le corps
avec la vibration de la Mer...

Christian Leray BrasilBreizh
https://pt-br.facebook.com/BrasilBreizh

* premier recueil de poèmes bilingues  Le monde en antamas, Rennes, Le Lian, 1986

livro em português e francês Amor do mar/Amour de la Mer, Louvain la Neuve, Paris, L´Harmattan, collection Encres de Vie, 2015


jeudi 24 juillet 2014

Christian Leray, Fatimata Warou et Jean-Jacques Fontaine auteurs de livres parlant notamment du défi des Brésiliennes dans les communautés de vie.

No livro de Jean-Jacques Fontaine a gente fala, nomeadamente, do Programa do Governo "Minha Casa, Minha Vida"... e também no livro de Christian Leray e Fatimata Warou falamos de Mutirão com a importância da participação das Mulheres brasileiras

                    Deux livres des Editions L'Harmattan sur le Brésil 2014 dont le CRBC rend compte

 Dans le livre de Jean-Jacques Fontaine on parle, notamment, du Programme gouvernemental "Ma maison, Ma vie"...et dans le livre de Christian Leray et Fatimata Warou nous parlons aussi du Mutirão*avec l'importance de la participation des femmes brésiliennes.

*mutirão : "terme emprunté à la tradition d'entraide du monde rural brésilien notamment lors des périodes de récoltes; puis les mouvements populaires urbains telle que l'União por Moradia Popular (Union par l'Habitat Populaire) se sont appropriés, plus récemment, le terme mutirão pour désigner les constructions sous forme d'entraide coopérative. cette coopération consiste à gérer de manière collective l'ensemble du processus de construction ainsi que les ressources financières avec l'appui d'une équipe technique composée d'architecte et/ou d'ingénieur(e) de l'association et de travailleurs sociaux. Le mutirão établit ses propres règles de fonctionnement et désigne des commissions responsables : toutes les décisions importantes sont prises de manière collective lors des assemblées qui se déroulent en général le week-end dans la salle communautaire qui est le premier espace construit afin d'y organiser, non seulement les réunions collectives, mais aussi de pouvoir s'y restaurer, garder les enfants, notamment lorsqu'un couple travaille au chantier de construction. Ces mutirões ont permis à de nombreuses familles disposant de peu de revenus de se loger à moindre coût et surtout de continuer à vivre en communauté avec des services publics de proximité..." extrait du Lexique des principaux termes en Portugais du livre L'Arbre à palabres & à récits-De l'Afrique au Brésil en passant par la Bretagne (Leray-Hamey, Harmattan, 2014, p.215-216).

Dans le même livre nous transcrivons des extraits de divers enregistrements montrant que ces co-constructions de logements renforcent la dynamique citoyenne de chacun(e) des participant(e)s (Leray-Hamey, Harmattan, 2014, p.148-150) : "Fiquei impressionada por mutirão na hora em que as pessoas viram o primeiro forró feito no mutirão : todo mundo ficou animado", diz Maria -"Je suis restée impressionnée par le mutirão depuis le moment que les personnes sont venues au premier forró : tout le monde s'est senti concerné" (FORRO, nom donné à l'origine au Nordeste brésilien, au bal populaire dont l'un des instruments de musique principal est l'accordéon). L'enregistrement de Maria montre aussi que la première Maison communautaire co-construite sert ainsi d'espace de lien culturel entre eux. "Quand les gens travaillent à l'installation du chantier, ils font connaissance les uns avec les autres, nous dit l'un des coordinateurs d'un mutirão. Ils se familiarisent avec l'architecte, l'équipe technique et chacun révèle progressivement son savoir-faire (tant du point de vue professionnel qu'organisationnel)..." Ecoutons aussi le témoignage d'une jeune fille de 17-18 ans : "Quand je ne viens pas pendant la semaine, je suis au mutirão le samedi et le dimanche : J'apprécie beaucoup cette vie de partage et j'attends avec impatience le samedi et le dimanche : personne de la famille ne réussit à me retenir dans notre appartement trop petit ! Je me sens solidaire de cette lutte de tous et heureuse aussi de pouvoir contribuer à l'obtention d'une maison pour notre famille...Mais c'est une femme architecte du mutirão qui a commencé de m'apprendre à travailler au mutirão, à m'encourager au point que je voudrais continuer des études en architecture...J'ai eu un peu de mal au début mais ça va mieux! J'aime ça aussi parce que j'ai un contact facile; au cours du travail de chantier, on rencontre des gens de toutes sortes et il faut savoir s'adapter, sinon il y a des commérages et des disputes à n'en plus finir...pourtant, si tu vois qu'une partie du travail est mal réalisée, il faut le dire et proposer, si possible son aide : c'est ça aussi la solidarité dans un mutirão ! Il faut donc que chacun se sente responsable et une maille de l'ensemble..." 
L'extrait du témoignage de cette jeune fille montre bien l'importance du rôle des femmes brésiliennes dans la transformation de leur pays ainsi que nous l'avions déjà évoqué dans mon livre Brésil, le défi des communautés (Leray, Harmattan, col. Logiques sociales, 1985) car ce sont principalement ces femmes qui, notamment dans certaines favelas, ont réussi à développer les projets de l'éducation et de la santé, en transformant souvent leur milieu de vie hostile en communauté de base "d'ApprenTissage" de la Citoyenneté... Mais la jeunesse de cette jeune fille engagée dans cette lutte constructive avec l'Association "União Por Moradia Popular", me fait penser à ce qu'a écrit Jean-Jacques Fontaine dans son livre L'invention du Brésil, De crises en crises, un géant qui s'affirme, L'Harmattan, col. Horizons Amériques latines, 2014, p.250 : "Le gouvernement a bien mis en place le programme "Minha Casa, Minha Vida" (Ma Maison, ma Vie) qui subventionne l'achat des maisons pour les familles les plus modestes, via des prêts de la "Caixa Economica Federal". Mais pour la période 2014-2017, l'Etat prévoit de réserver 74 milliards de R$ à ce programme, soit 6 milliards d'euros par an en moyenne. Le compte n'y est pas !" et il ajoute fort justement :
Pourtant, "si on veut lutter contre la violence, on ne peut pas faire abstraction de la question du logement. C'est dans le déficit de logement ou la non-adéquation des résidences aux besoins que la violence prend ses racines" affirme Jacques Marcovitch, professeur de Relations internationales à l'Université de São Paulo et consultant du World Economic Forum à Genève. "A défaut d'un logement digne, les jeunes vont chercher leur raison de vivre ailleurs, dans la rue et souvent dans la criminalité." (Fontaine, L'Harmattan, 2014, p.250). Que ce soit au niveau de l'Education ou de la Santé, ce livre donne aussi des éléments de réponse chiffrée aux orientations que devrait prendre le Brésil, s'il veut répondre aux aspirations légitimes de son peuple et en particulier de sa jeunesse.

Christian Leray

www.christianleraybrasilbreizh.blogspot.com 

lire aussi du même auteur : "Rita Santos, vendeuse d'acarajé, a gagné son défi culturel lancé à la Fifa
- "Oficina na Universidade da Solidariedade Internacional em Rennes 2", Atelier avec l'URCIDFF-Bretagne (Union Régionale des Centres d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles), Femmes Solidaires, association franco-nigérienne MATA (FEMME en langue Haoussa).

http://www.facebook.com/BrasilBreizh  
 

autres références :

Référence du blog Vision Brésil de Jean-Jacques Fontaine :

http://www.visionbresil.wordpress.com

autre article de Christian Leray citant ces deux livres sur le Brésil 2014 recensés par le Centre de Recherche sur le Brésil Contemporain (CRBC) :

article over-blog du 18 juin 2014 citant notamment des extraits des deux livres et plus particulièrement celui de J-J Fontaine sur les "radios communautaires"  :   
http://www.christianleray.over-blog.com
en lien avec une vidéo youtube :

http://youtu.be/2Db5z8dAfO0